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Analyse de site 

Soutenir les femmes travailleuses de l’économie informelle par la construction d’espaces de travail dignes dans l’espace public

Dans le quartier de Cité Aicha dans le sud du gouvernorat de Tunis, une trentaine de femmes boulangères travaillent dans l’espace publique. Ces femmes produisent du pain traditionnel dans des fours en terre en argile. Elles sont organisées autour de deux rues. L’une de ces rues appartient au gouvernorat de Tunis tandis que l’autre appartient au gouvernorat de Ben Arous. Ces femmes sont voisines, elles vivent dans le même quartier mais sont séparéées par une frontière administrative bien réelle. Chacune d’entre elles a construit un petit ateliers en face de sa maison, dans laquelle elle vit avec sa famille, juste de l’autre coté de la route. Ces ateliers sont construits de bric et de broc. Sur l’un c’est une bâche en plastique qui fait office de toiture, sur l’autre c’est un assortiment de planches de bois, le tout calciné et noircis au rythme de l’allumage des fours. Les voitures se succèdent dans la rue amenant les clients qui veulent acheter les quelques pains encore chauds, sortis d’une fournée tout juste terminée. Ils repèrent la fumée qui sort des fours, arrêtent la voiture juste devant l’atelier et interpelle la boulangère à l’oeuvre. « Quatre cents millim el khobs! » Ces femmes travailleuses de l’économie informelle, occupent illégalement l’espace publique. Elles sont régulièrement stigmatisées par les habitants du quartier, menacées d’expulsion, ou mises en danger par la structure fébrile des ateliers qui semble proche de s’écrouler. Pourtant, lors du mois de Ramadan, les clients font la queue par dizaines devant chacun des ateliers. Juste avant la rupture du jeune, les fours tournent à plein régime et plusieurs tunisois font plusieurs kilomètres pour venir acheter leurs khobs tabouna à Cité Aicha. Quand est il alors de la protection et de la valorisation du savoir faire artisanal de ces femmes?

© Photographies Léa Lambert

Le projet architectural mené par l’équipe de Daame, en collaboration avec la municipalité de Mourouj 6 et financé par l’Institut Français de Tunisie, porte sur la réhabilitation à la fois de l’espace publique et des ateliers des femmes boulangères du quartier populaire d'El Mourouj. En effet, la réhabilitation de l’espace publique par la création d’une chaussée, d’un trottoir, d’assises et d’espaces de plantation, permet dans un même temps le dessin de nouveaux espaces de travail dignes. Les ateliers sont intégrés à l’espace publique mais déclarés auprès de la municipalité comme espace de production. La signature de contrats d’occupation temporaire de l’espace publique entre la municipalité d’El Mourouj et chacunes des femmes boulangères permet aux femmes de légaliser leurs occupation de l’espace, mais aussi de légaliser leurs pratique en créant un statut d’artisane. Si le projet architectural et urbain mené par Daame aboutit à la construction d’ateliers pour les trente femmes de Cité Aicha, l’opportunité de créer une coopérative boulangère pourrait conduire ces femmes à explorer de nouvelles formes de travail collectif. 

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